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1995-2012 L'incertitude

1995 - 2002, la gauche plurielle et le choc du 21 avril

Le deuxième septennat de François Mitterrand, s'achève, au sens propre, à l'article de la mort. En effet François Mitterrand, croyant "aux forces de l'esprit" mourra à peine 8 mois après avoir quitter la présidence. Pour la campagne présidentielle de 1995, Jacques Delors, très nettement en tête dans les sondages, est un temps présenti, mais renonce à la surprise générale. Lionel Jospin reprend le flambeau, arrive en tête du 1er tour mais s'incline au second. Après la campagne présidentielle, Henri Emmanuelli propose en juin 1995, de laisser à Lionel Jospin la responsabilité de conduire les socialistes.

Après un temps de réflexion, ce dernier accepte à la double condition de réaliser l’unanimité des composantes du parti et pouvoir mener à bien une rénovation approfondie des idées et des structures.


Une commission de rénovation se met en place et travaille tout l’été. Elle propose un programme de réformes. Celui-ci, comme l’élection de Lionel Jospin, Premier secrétaire, est soumis au vote direct et secret des militants lors de la Convention nationale du 14 octobre 1995.

Après la dissolution de l’Assemblée nationale décidée par Jacques Chirac le 21 avril 1997, le Parti socialiste est prêt pour faire face aux échéances. Après un premier tour favorable le 25 mai, la gauche obtient le 1er juin 1997 la majorité à l’Assemblée nationale avec les élus du Parti socialiste, du Parti communiste, des Radicaux de Gauche, des Verts et du Mouvement des Citoyens.

Lionel Jospin forme son gouvernement, où toutes les composantes parlementaires de la gauche sont représentées. Une nouvelle période de cohabitation commence. François Hollande succède à Lionel Jospin comme Premier secrétaire délégué du Parti.

1997 - 2002 : tenir nos engagements

Alors que le gouvernement de la gauche plurielle met en œuvre avec succès le programme sur lequel il a été élu : emplois-jeunes, 35 heures, CMU, augmentation du pouvoir d’achat... Le Parti affronte victorieusement quatre scrutins majeurs : les élections régionales, cantonales, sénatoriales et européennes. Le référendum sur le Quinquennat du 24 septembre 2000 lui permet d’atteindre un de ses objectifs, dans la perspective d’une démocratisation de nos institutions.

Le Parti s’ouvre également à l’action internationale. Le 27 mai 1999, le premier meeting des socialistes européens se tient à Paris en soutien à la liste conduite par François Hollande «Construisons notre Europe». En novembre 1999, Paris accueille le congrès de l’Internationale Socialiste et celui de l’Internationale Socialiste des femmes. Lionel Jospin à la tête d’une importante délégation française défend un «socialisme moderne» au «sommet des modernisateurs», à Florence, puis à Berlin.

Le Congrès de Grenoble, «S’engager pour une France plus juste», en novembre 2000 permet de mesurer le chemin parcouru et de définir les objectifs de la nouvelle étape. La lutte pour le plein-emploi et contre le travail précaire demeure l’objectif numéro un des socialistes. Mais la croissance retrouvée pose le problème d’une plus juste répartition des richesses. Trois motions sont soumises au vote des militants. La première présentée par François Hollande et la grande majorité du Secrétariat national recueille 72,94 % des voix. La troisième présentée par Henri Emmanuelli et Alain Vidalies (ex-courant Poperen) obtient 13,78 % ; la seconde présentée par la «Gauche Socialiste» obtient 13,28 %.

François Hollande est réélu par les militants comme Premier secrétaire du Parti.

Uni et en ordre de bataille, le Parti est prêt à affronter les grandes échéances électorales de 2001 et 2002.

Neuf engagements sont pris : l’emploi et les nouvelles technologies, le logement, l’environnement et les transports, la culture et le patrimoine, la solidarité et la santé, la sécurité, le sport, l’éducation, la citoyenneté.

Aux élections municipales de mars 2001, 58 villes de plus de 20 000 habitants ont changé de direction, avec un avantage indiscutable à la droite : 39 villes sont passées de gauche à droite et 19 de droite à gauche. Cette situation est compensée par trois succès de taille : les villes de Paris, Lyon et Dijon.

Pour les cantonales, dans le même temps, le Parti a remporté 6 présidences de Conseils généraux. Une progression de 20 % soit 37 départements dirigés par la gauche, 3 passant à droite.

Dès juin, le Parti entre dans la préparation active du « Projet des Socialistes », confié à Martine Aubry. Ce cycle de réflexions et de débats rythme l’engagement des socialistes jusqu’à la fin 2001.

Le tremblement de terre du 21 avril 2002

La tragédie du 11 septembre 2001 qui est venue frapper les Etats-Unis, au cœur de leur territoire n’épargne pas la France et une vague de peur du terrorisme secoue la planète.

L’Internationale socialiste, réunie le 6 octobre 2001, consacre la majeure partie de son travail à la paix, à la sécurité dans le monde et à la lutte contre le terrorisme international.

Désigné candidat en février 2002, malgré la fidélité à la parole donnée et un bilan positif, Lionel Jospin est battu dès le premier tour. Avec 16,18%, il arrive derrière Jean-Marie Le Pen qui obtient 16,86 %, tandis que Jacques Chirac n’obtient que 19,88%. C'est un choc terrible pour les socialistes. Pour la première fois, il nous a fallu choisir de voter pour le candidat de la droite afin de réduire au minimum le score de l’extrême droite.

Aux législatives des 9 et 16 juin 2002 sur le thème « Choisissons le progrès, en avant la gauche », les candidats socialistes obtiennent tout de même 25 % des suffrages exprimés et 149 députés, mais le taux d’abstention est de 39,71 %. Dès lors, le Parti s’engage dans un travail de réflexion critique sur son action et s’organise pour être l’axe d’une reconstruction de la gauche, capable de reconquérir la confiance d’une majorité de Français, notamment les plus démunis, en redonnant l’espoir.

Ce séisme du 21 avril 2002, voit paradoxalement une renforcement du parti avec 25 000 nouveaux adhérents, dont 40 % de moins de 40 ans. Un grand « débat militant » s’engage dans les sections et les fédérations dont les « paroles militantes » sont recueillies, le dimanche 15 décembre 2002, à Montreuil, en vue de la préparation du Congrès de Dijon des 16, 17, et 18 Mai 2003. La nature et l’ambition du Parti sont définies comme un réformisme de gauche.

Reconstruire - 2002-2008:

L'enjeu du congrès de Dijon ? Pour les socialistes, il s'agit d'essayer de tourner la page du 21 avril, où Lionel Jospin s'est retiré de la vie politique. Cinq motions présentent aux militants leurs diagnostics sur la période passées, et leurs propositions pour le futur.

Celle de François Hollande l'emporte avec 61,37 % des voix. En l'absence de synthèse, le Nouveau Parti socialiste d'Arnaud Montebourg et de Vincent Peillon (16,88%), Forces militantes de Marc Dolez (4,38%), Nouveau monde de Henri Emmanuelli (16,33%) et Utopia de Frank Pupunat (1,05%) ne participent pas à la nouvelle direction, dont François Hollande est le Premier secrétaire.

Dans une période difficile pour la gauche, le PS s’efforce de jouer pleinement son rôle de première force d’opposition à la politique du gouvernement Chirac-Raffarin et du MEDEF. Reparti à la conquête de l’électorat populaire, qui lui a fait défaut en 2002, il soutient les luttes des salariés : enseignants, fonctionnaires, chercheurs, salariés du privé victimes de licenciements collectifs, intermittents du spectacle, étudiants. Les socialistes défendent la laïcité, en exigeant l’interdiction des signes religieux ostentatoires à l’école.

Au Parlement et dans la rue, il a opposé ses propres propositions de réformes aux mesures de régression sociale voulue par la droite. Cette opposition frontale porte ses fruits. Les élections de l'année 2004 sont historiques pour le parti:

- Aux régionales, le PS emporte 20 régions sur 22.
- Aux cantonales, il conquiert, pour la première fois, la majorité des présidences de Conseils généraux (56 contre 49 à la droite).
- Aux européennes, les socialistes recueillent 28,89 % des voix et 31 sièges au Parlement Européen. Mais le taux d’abstention est de 57, 21 %.
- Aux sénatoriales, 7 nouveaux sénateurs/trices socialistes sont élus.

Du 29 mai 2005 au congrès du Mans

À l’automne 2004 et tout au long de l’année 2005, la question de la ratification du Traité Constitutionnel européen divise profondément les socialistes entre partisans du "oui" et partisans du "non" au référendum annoncé par Jacques Chirac. Fin 2005, les militants socialistes se prononcent pour le «oui» par 58,62 % contre 41,38%. Au terme d’une campagne électorale que les socialistes ont affrontée dans la division, le résultat du référendum du 29 mai 2005 donne une nette victoire au «non» : 54,67 % contre 45,33 %.

Il se tient en novembre 2005 au Mans, dans un contexte politique fort : des émeutes ont embrasé de nombreuses cités déshéritées de France. Cinq motions se sont présentées aux militants. La motion conduite par François Hollande l'emporte avec 53,5% des voix.

Après de longs débats, qui se prolongent tard dans le nuit, le congrès s’achève sur une synthèse générale, que refuse toutefois Arnaud Montebourg. Tous les courants du PS se retrouvent dans la direction pour préparer la présidentielle de 2007. François Hollande est réélu Premier secrétaire avec 77,13 % des suffrages exprimés.

2006 - 2008 : Campagnes électorales

Après une primaire rude et très médiatisée, Ségolène Royal obtient l’investiture face à Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius pour la présidentielle.

Elle entame sa campagne par une phase d'écoute et de débats participatifs. En février 2007, elle en fait la synthèse : le «Pacte présidentiel» sera le socle politique de la campagne. Qualifiée pour le second tour avec 25% des voix, elle organise un débat télévisé avec François Bayrou pour discuter des points d'accord avec le leader centriste. Le 6 mai 2007, Nicolas Sarkozy remporte l'élection par 53,06% contre 46,94% à Ségolène Royal.

Après cet échec, les électeurs de gauche se remobilisent toutefois au second tour des législatives le 17 juin 2007. Le PS obtient 186 députés sur 577, soit 46 de plus qu'en 2002. Des personnalités de la droite essuyent des échecs : Alain Juppé est battu à Bordeaux par Michèle Delaunay. Sur cette lancée, le Parti socialiste sort largement vainqueur des élections municipales de mars 2008. D'une part, les Français renouvellent leur confiance aux élus socialistes déjà en responsabilités dans les mairies. Plus encore, le PS conquiert de grandes villes : Toulouse, Amiens, Caen, Reims, Argenteuil… basculent à gauche. Aux cantonales, la gauche gagne plus d’une dizaine de départements. Elle dirige désormais 60% des villes de plus de 100.000 habitants et 20 régions.

C'est tout le paradoxe de cette période : les socialistes ont perdu la présidentielle et le référendum européen, mais ont remporté des victoires éclatantes lors des scrutins locaux.

Depuis 2008, une nouvelle page

Après un congrès de Reims difficile, que les socialistes ont abordé dans la division, Martine Aubry est élue Première secrétaire du PS. Aux élections européennes, elle met en oeuvre une limitation du cumul des mandats dans la désignation des candidats socialistes.

Mais à ces élections, le PS paye dans l'opinion la mauvaise image donnée aux Français pendant le congrès de Reims : les socialistes recueillent 16,3%, loin derrière l'UMP (27,8%).

A l'Université d'été de La Rochelle, Martine Aubry engage résolument le parti sur la voie de la rénovation : elle annonce une consultation des militants sur le cumul des mandats et les primaires, et le lancement de la coopol, le réseau social du PS et de ceux qui veulent agir et débattre à gauche :

Le 1er octobre, les militants approuvent à une très large majorité les propositions qui leur sont soumises. Le non-cumul des mandats sera la règle aux législatives de 2012 et le PS organisera des primaires ouvertes à tous, pour choisir son candidat en 2012.

Pour préparer ses propositions en vue de 2012, le PS organise le Tour de France du projet : des débats avec les Français sont organisés au cours des huit étapes. Le but : recueillir le diagnostic du plus grand nombre pour nourrir la réflexion des socialistes, et valoriser la France qu'on aime.

Fort de leur bilan dans les régions, les socialistes abordent les régionales de 2009 rassemblés. Engagés pour faire des régions des modèles de social écologie, le PS décline ses propositions dans son contrat socialiste pour nos régions et en 2010, la gauche remporte 22 régions sur 25, manquant le grand chelem métropolitain d'une région.

Suite à cette victoire et pour préparer l'avenir, le PS mettra en place la même année quatre grandes conventions (Nouveau modèle économique, Rénovation, International et Europe, Égalité réelle), et de nombreux forums thématiques (sécurité, agriculture, ville du XXIe siècle, etc.). Le projet du PS sera finalisé dans une grande Convention en mai 2011.

2011 sera aussi l’année d’un nouveau succès électoral pour le PS et pour la gauche, à l’occasion des élections cantonales en mars, où la gauche progressera de quatre départements en en perdant qu'un seul.

Après ces victoires locales, majoritaire dans les régions, les départements et les villes de France, le Parti socialiste s’allie avec Europe Écologie Les Verts pour conquérir le Sénat. Pour la première fois, le Sénat aura une majorité de gauche et son président sera Jean-Pierre Bel jusqu’alors président du groupe socialiste.


C'est également en 2011 que se tiendront les premières primaires ouvertes du Parti socialiste, qui verront 2,8 millions de Français se déplacer aux urnes. Le suffrage est remporté par François Hollande le 16 octobre, qui sera officiellement investi comme candidat des socialistes et des radicaux de gauche à l’occasion d’une Convention nationale d’investiture, le 22 octobre.

Le 6 mai 2012, François Hollande remporte l'élection présidentielle et le 17 juin, les Français lui donnent une majorité parlementaire en élisant 295 députés socialistes, républicains et citoyens.

Départ de François Mitterrand
Victoire de François Hollande
21 avril 2002

Jacques Delors

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