banniere du site

L'ère de la présidence, les années Mitterrand

Le 10 mai 1981, l'élection de François Mitterrand à la présidence de la République ouvre une période nouvelle dans l'histoire du socialisme français. C'est la première alternance politique entre la gauche et la droite sous la Ve République. Les élections législatives de juin sont un triomphe pour les socialistes : pour la première fois de son histoire, il obtient la majorité absolue à l'Assemblée nationale et devance nettement le PCF qui enregistre un recul certain. Pierre Mauroy forme un gouvernement auquel participent quatre ministres communistes.

Lionel Jospin succède à François Mitterrand à la direction du parti. Dans un premier temps, le gouvernement Mauroy mène une politique de relance et profondes réformes, conforme aux 110 propositions du candidat Mitterrand (abolition de la peine de mort, augmentation sensible du SMIC, du minimum vieillesse et des allocations familiales, possibilité de prendre sa retraite à 60 ans, nationalisations, décentralisation, nouveaux droits des travailleurs, libération des médias, Fête de la musique, dépénalisation de l'homosexualité etc.). Mais rapidement, la crise économique internationale, le refus opposé par Ronald Reagan et Margaret Thatcher de soutenir une politique de relance coordonnée et les faiblesses persistantes des entreprises françaises conduisent le gouvernement de Pierre Mauroy à opter dès 1982, et surtout en 1983, pour une politique de "rigueur économique". Ces décisions découlent du choix fondamental de l'économie ouverte et de la construction européenne. Dans ce domaine, les socialistes français jouent un rôle très important, sous l'impulsion du président Mitterrand, comme leurs prédécesseurs l'avaient fait sous la IVe République. Malgré, ces écueils, des premières années des deux septennats de François Mitterrand, resteront les lois Auroux sur le travail, la loi Badinter sur l'abolition de la peine de mort, et enfin la politique culturelle menée par Jack Lang.

L'inflation est maîtrisée, l'économie française modernisée, mais les effets positifs de cette politique sont sérieusement limités sur le front du chômage. Le PS perd du terrain aux élections municipales de 1983 et surtout aux élections cantonales de 1985. Aux Européennes de 1984, si la baisse est assez limitée, le parti communiste voit son score réduit de moitié. En juillet 1984, Laurent Fabius remplace Pierre Mauroy comme Premier ministre et forme un gouvernement auquel les communistes refusent de participer.

En politique intérieure, les socialistes achèvent la décentralisation, réforment la formation professionnelle et infléchissent la politique d'aménagement du territoire (loi Montagne et loi Littorale).

Le congrès de Toulouse, en 1985, traduit l'évolution idéologique et politique du parti. Jacques Delors parle d'« un petit Bad Godesberg ». Les socialistes perdent les élections législatives de 1986 mais obtiennent un score honorable : 31,2 % (contre 22,8 % en 1978). François Mitterrand demeure président de la République et nomme Jacques Chirac à la tête du gouvernement. De 1986 à 1988 c'est la "cohabitation". Le Parti socialiste est dans l'opposition.

En 1988, François Mitterrand est largement réélu avec 54 % des voix. Le candidat socialiste, qui a fait campagne sur le thème de la "France unie", se prononce pour une certaine ouverture de la majorité. Les élections législatives donnent une majorité relative au PS. Michel Rocard est nommé Premier ministre. En intégrant des personnalités dites d'ouverture, issues de la "société civile" et du centre, son gouvernement reflète la réalité de la majorité présidentielle, mais le PS est le seul grand parti à le soutenir. Toutefois dans les 3 ans et 5 jours que dura le gouvernement de Michel Rocard, de grandes avancées virent le jour: Le RMI, les accords Matignon qui mirent fin aux émeutes en Nouvelle-Calédonie et ouvrant la voie à la détermination de l'avenir de l'ile. Par ailleurs la CSG fut instituée pour lutter contre le déficit de la sécurité sociale et une 1ère réforme des retraites. Jack Lang quant à lui, pilota une politique de grands travaux pour marquer le second septennat de François Mitterrand (Pyramide du Louvre, Opéra Bastille, Grand Arche de la Défense, Bibliothèque François Mitterrand...) et le bicentenaire de la révolution Française. Dans le parti, le départ de Lionel Jospin du premier secrétariat provoque des tensions au sein du courant majoritaire mitterrandiste. Pierre Mauroy est élu Premier secrétaire contre Laurent Fabius. Deux ans plus tard, le congrès de Rennes voit s'opposer durement les partisans de la motion I (Mauroy-Mermaz-Jospin) et ceux de la motion 5 (Laurent Fabius). Finalement, Pierre Mauroy est réélu à l'unanimité après une synthèse générale qui associe à la direction du parti l'ensemble des courants qui s'étaient exprimés à travers la présentation de sept motions différentes.

En 1990, François Mitterrand engage la France dans la guerre du Golfe. Ce choix est contesté par les amis de Jean-Pierre Chevènement, qui quittent le PS pour fonder le Mouvement des citoyens (MDC). Au-delà de cette petite scission, le Parti socialiste est de plus en plus sévèrement critiqué à sa gauche, notamment pour avoir défendu le traité de Maastricht, ratifié par un referendum positif en 1991, à 51 %. Les nouvelles formations comme le MDC, ainsi que les organisations protestataires ne pardonnent pas aux socialistes de soutenir une Europe qualifiée de trop peu politique, voire libérale. Les années Mitterrand sont également marquées par les "affaires" qui signent avec l'échec de la lutte contre le chômage la déroute électorale de 1993, qui voit Édouard Balladur accéder au poste de Premier ministre et le suicide du Premier ministre Pierre Bérégovoy noyé dans une affaire où il essuie calomnie et est abandonné par tous.

Mitterrand 88
Mitterrand 1981
Mitterrand et Kohl
Article sur François Mitterrand

François Mitterrand

Article sur Pierre Mauroy

Pierre Mauroy

Article sur Laurent Fabius

Laurent Fabius

Article sur Lionel Jospin

Lionel Jospin

Article sur Michel Rocard

Michel Rocard

Article sur Edith Cresson

Edith Cresson

Article sur Pierre Bérégovoy

Pierre Bérégovoy

Article sur Jack Lang

Jack Lang

Article sur Robert Badinter

Robert Badinter

Article sur Jean Auroux

Jean Auroux