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La Deuxième Guerre mondiale,
la libération et la décolonisation

Les socialistes restés fidèles à la République se ressaisissent et s'organisent dès 1940 sous l'impulsion, notamment, de Daniel Mayer dans des réseaux de résistance. Le parti socialiste est reconstitué dans la clandestinité entre mars 1941 et mars 1943. Léon Blum, avant d'être déporté, s'illustre par son comportement au cours du procès de Riom, se défendant ardemment et avec une grande intelligence, obligeant Vichy à l'interrompre le 11 avril 1942. De sa prison, il exhorte les socialistes résistants à l'action, jusqu'à ce qu'il soit déporté.

Les socialistes sont un des courants politiques les plus représentés dans la Résistance, formant le premier groupe de la Résistance non communiste, mais, contrairement au Parti communiste, ils ne lient pas la reconstitution du parti et la formation des groupes de combat, ce qui limite leur visibilité, bien qu'ils soient hégémoniques dès le début dans le groupe Libération-Nord, majoritaires dans celui Libération-Sud et dans les MUR (Mouvements unis de Résistance) dès leur constitution, influents à ceux de la Résistance, à l'Organisation civile et militaire (OCM), localement, et à Combat, à partir de 1942.

Des membres de la SFIO siègent au Conseil national de la Résistance (CNR) mais aussi quelques-uns dans les arcanes de Vichy. Les socialistes participent au gouvernement avec de Gaulle jusqu'en janvier 1946 puis, selon la formule du tripartisme (SFIO, PCF, MRP), jusqu'en mai 1947. Les réformes structurelles réalisées entre 1944 et 1947 continuent de modeler le visage de la France moderne : vote des femmes, nationalisations, Sécurité sociale, comités d'entreprise.

La SFIO pratique alors une épuration interne rigoureuse contre laquelle Paul Faure, déjà exclu, s’élèvera. Cela aboutit notamment à la constitution du Parti socialiste démocratique par Paul Faure et ses proches. Par ailleurs, la SFIO se trouve rapidement confrontée, à l'intérieur, au problème de la concurrence du PCF et, à l'extérieur, à la constitution des deux grands blocs antagonistes. Aux élections de 1945, le PCF dépasse pour la première fois la SFIO (26 % contre 24 %). Le congrès de septembre 1946 se tient alors que le parti traverse une grave crise d'identité. Guy Mollet anime une tendance de gauche composite qui met en minorité la direction sortante conduite par Daniel Mayer et soutenue par Léon Blum. Guy Mollet y affirme sa fidélité à la doctrine marxiste, à la lutte des classes, à l'unité d'action avec le PCF et condamne les « révisionnismes ».

Pour Léon Blum et les socialistes assurant des responsabilités gouvernementales, le souci majeur reste l'instauration du nouveau régime parlementaire sur le plan intérieur et, à l'extérieur, la recherche d'une troisième voie entre le protectorat américain et la dictature stalinienne. Ainsi se comprennent les efforts pour créer une Europe forte et indépendante. En mai 1947, le PCF quitte le gouvernement, refusant à la fois la politique indochinoise et le partage de responsabilités gouvernementales de plus en plus lourdes du fait de la grave situation économique et sociale. Dès l'automne 1947, le PCF mène une virulente campagne anti-socialiste et s'affirme toujours plus comme parti totalement stalinien.

La SFIO, engluée dans la 3e force (alliance avec les radicaux et le MRP en opposition à la fois aux gaullistes et aux communistes), connaît un effritement de ses positions électorales et un déclin militant. En 1954, c'est Pierre Mendès France, alors radical socialiste, qui paraît incarner le renouveau de la gauche non communiste. Les difficultés et les drames de la décolonisation amènent les socialistes à prendre la direction d'un gouvernement de Front républicain en janvier 1956. Outre le traité de Rome sur la CEE, la troisième semaine de congés payés (...), l'action politique du gouvernement de Guy Mollet est marquée par la guerre d'Algérie. Mollet ne parvient pas à imposer ses idées à l'Assemblée et aux colons, très hostiles à toute idée de discussions avec le FLN et a fortiori d'indépendance ; un voyage en Algérie le retourne, ce qui amène son gouvernement à poursuivre et accentuer la guerre, fermant les yeux sur la torture. Ce durcissement conduit Pierre Mendès France et Alain Savary à quitter le gouvernement. La SFIO en sort profondément divisée et coupée de la jeunesse. . La IVème République ne survit pas au coup de force des militaires qui, en mai 1958, ramène de Gaulle au pouvoir.

Manifestation contre la guerre d'Algérie
librairie reseau de resistance
libération de Laval
Article sur Léon Blum

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Article sur Pierre Brossolette

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Article sur Vincent Auriol

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Article sur Jules Moch

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