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Les pères fondateurs du socialisme

La première génération de « socialistes », qui seront appelés également saint-simoniens, est représentée principalement par Henri de Saint-Simon, Charles Fourier et Étienne Cabet. Ils sont issus de la bourgeoisie éclairée. Toutefois leur influence sur les milieux populaires s'avère faible.

Les théories sur laquelle se fonde l’idéologie socialiste, dans cette première partie du XIXe siècle, s’inscrivent dans une certaine utopie. Mélange de rêves et réalités. Ces théoriciens, qualifiés d'utopiques, se démarquent nettement du socialisme historique, développé par Karl Marx. Les phalanstères de Charles Fourier, et l'Icarie d'Étienne Cabet feront long feu, mais l'influence des saint-simoniens sera décisive par la suite.

Le terme « socialisme » est introduit en France en 1834 par l'ouvrier typographe Pierre Leroux. Ce terme désigne initialement un mouvement de pensée et d'action en réaction à la misère ouvrière. Mais elle lutte aussi contre la dissolution des liens sociaux engendrés par le capitalisme naissant. La révolution française et napoléonienne en créant les conditions de la fin des monarchies absolues européennes, a accéléré la ruine des anciennes sociétés d'ordre et de corporatisme, et ouvert la voie vers une nouvelle société atomisée et fondée sur la recherche concurrentielle du profit, où l'ouvrier "libre" est seul face à l'entrepreneur "libre". Selon Pierre Leroux : « le socialisme désigne explicitement le fait de poser en principe, et de prendre parti pour, la société : soit l'opposé de l'individualisme. »

Ce premier mouvement « socialiste » est donc idéaliste, communautaire, plutôt pacifiste et réformiste, il est méfiant voire hostile à l'égard des idéaux véhiculés par la Révolution française, et ce n'est que plus tard avec Auguste Blanqui que le socialisme se rapprocha d'elle, reprenant à son compte les objectifs de liberté, égalité et fraternité, et développant l'idéologie du progrès.

Il est déjà intéressant de noter que le socialisme naît dans la bourgeoisie, sans y rester exclusivement. Ceci remet en perspective tous les débats, et les scissions que nous avons connues tout au long de notre histoire et que nous connaissons encore, mais également dès les origines de l’idéologie socialiste, deux courants ‘s’affrontent’, les réformateurs et les révolutionnaires.
La révolution industrielle fait sortir le socialisme de l’utopie, pour l’inscrire dans le quotidien ouvrier: les nouvelles conditions de travail engendrées par celle-ci entraînent des révoltes vite réprimées : la révolte des canuts lyonnais en 1831, journées de juin 1848, Commune de Paris en 1871... La “question sociale” est mise au premier plan, mais la révolution de 1848 fait déjà apparaître des divergences entre les démocrates socialistes. Ainsi on peut distinguer des réformistes (Ledru-Rollin, Louis Blanc) proches d’Alphonse de Lamartine et les partisans d'une rupture avec le capitalisme, ne refusant pas l'action violente (Blanqui, Barbès). Ces derniers, partisans de la révolution du peuple, privé de ses droits civiques. Le combat pour la république se conjugue alors avec la lutte contre les nouvelles conditions de travail et de vie engendrées par la révolution industrielle. La gauche républicaine avance une synthèse entre la tradition montagnarde de la révolution de 1789-1794 et les questions sociales que le mouvement ouvrier naissant fait surgir.

La IIème Internationale, constituée en 1889, dix ans après la dissolution de l’Association internationale des travailleurs est très influencée par les idées de Karl Marx, mais ne sont pas encore sur dominante dans le monde ouvrier, où les idées libertaires et anarcho-syndicalistes continuent à influencer une partie du mouvement ouvrier, qui manifeste sa méfiance à l'égard de la politique.

Il est également intéressant de noter que nous connaissons, à nouveau aujourd’hui, cette défiance, même si elle se traduit sous d’autres formes, comme l’abstention ou le vote aux extrêmes.

Après la reconnaissance du droit syndical en 1884, la Confédération générale du travail (CGT) se constitue en 1895. En 1906, elle adopte la "Charte d'Amiens" qui consacre le principe de l'indépendance du syndicalisme par rapport aux partis politiques. De là, découle l'absence de liens organiques entre partis et syndicats. Ce qui distingue fortement, le socialisme français de la social-démocratie de l'Europe du Nord.

Ce point, extrêmement important, constitue, une de nos grandes difficultés aujourd’hui.

Le socialisme politique en France s'unifie en 1905 sur injonction de l'Internationale, au congrès du Globe avec la fusion des différents courants socialistes (guesdistes, blanquistes, allemanistes, réformistes...) dans la nouvelle Section française de l'internationale ouvrière (SFIO). Peu à peu, le député du Tarn Jean Jaurès s'impose comme la figure majeure du socialisme français, par son combat pour l'unité, par sa volonté de synthèse entre la république et le socialisme, entre le patriotisme et l'internationalisme, entre les idées marxistes et la tradition de la Révolution française libérale. La SFIO, qui se veut Parti ouvrier, a acquis une large base électorale et militante (en particulier avec le socialisme municipal) : les paysans, les ouvriers, les artisans côtoient les intellectuels et les fonctionnaires.

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